solution Sud Ouest proposée par 3PA

Frédérick MATHIS, fondateur des Parcours Métiers Verts au sein de l’association 3PA témoigne :

 

 

«La campagne nous a permis de nous faire connaître et reconnaître. »

 

 

 

 

Qu’est ce qui vous a animé et motivé à créer association ?

 

L’association 3PA a été créée en 2004 dans le but de rendre accessible les questions de civilisation, d’environnement et de politique. Notre travail a débuté par un échange sur les thématiques liées à l’environnement entre une école au Sénégal et des écoles Toulousaines. En étudiant les différents points de vue de chacun, nous nous sommes rendus compte, que localement, nous même ne savions pas les avancés en thermes d’environnement dans notre propre région (Midi-Pyrénées) et que les étudiants y été très peu sensibilisés. Nous avons mis en place notre 1ère action en 2004 en organisant un forum des alternatives concrètes et pratiques à l’université Paul Sabatier. Cet événement nous a permis de nous lancer dans l’environnement de manière plus locale en commençant par exemple un premier chantier de construction. Nous avons du laisser de côté l’aspect solidarité internationale pour nous consacrer pleinement au local. Parallèlement, nous avons commencé un travail avec un foyer de jeunes pour leur faire découvrir l’éco-construction. C’était pour nous un 1er gros défi car nous étions face à des personnes qui étaient en rupture totale avec le milieu éducatif. Face à l’impact que nous avions sur eux, nous avons eu envie d’aller plus loin en mettant en place un projet de conception et de construction de cabanes pédagogiques représentant l’éco-construction. La mairie passe commande aux jeunes qui sont chargés de tout ce qui touche à construction. Le fait de construire quelque chose de concret est valorisant pour eux et pour leur travail et les place dans une spirale positive. Suite à ces chantiers, de nombreux jeunes ont exprimé la volonté d’aller plus loin, de se former dans ces secteurs et de trouver un travail en lien avec le respect de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour répondre à leur demande, nous avons créé les Parcours Métiers Verts. L’idée est de faire découvrir des métiers liés à l’environnement et à la transition énergétique à des jeunes en difficultés, de 16 à 25ans, sans emploi, sans diplôme et sans projet, mais aussi des jeunes en situation de handicap. Le but étant toujours de les amener vers le concret et le pratique, les Parcours Métiers Verts leur permettent de rencontrer des professionnels du secteur. Une formation de deux jours leur est dispensée pour qu’ils puissent se confronter vraiment à ces métiers. Les métiers développés sont les métiers de la transition énergétique au sens assez large, les constructions en bois, les animations nature, la rénovation énergétique, les énergies renouvelables, les cultures bio, l’entretien des espaces naturel, ainsi qu’un module autour de la valorisation des déchets qui est en train de se concrétiser. Nous avons choisis des projets courts pour redynamiser ces jeunes qui pour certains ne font rien depuis plus de trois ans.

Nous essayons de donner une suite un peu plus longue à ces projets en proposant aux jeunes un service civique de 6 mois dans le secteur dans lequel il a le plus d’intérêt. Nous avons créé des partenariats avec les entreprises du secteur pour mettre en place des formes de parrainage qui offrent des possibilités de stages et des contacts avec les professionnels.

Notre axe de travail que l’on appelle « écologie pratique » est notre meilleur moyen de sensibilisation, et s’accorde avec le respect de l’environnement.

 

 

Qu’est ce qui vous a amené à prendre conscience des enjeux climatiques et du rôle que vous pouviez jouer?

 

Nous voulions créer un projet en accord avec notre philosophie qui est de rendre accessible les enjeux environnementaux et de les aborder sous un angle pratique.

Mon engagement politique m’a poussé à créer l’association 3PA. L’environnement était un volet de la politique que je trouvais intéressant car encore peu étudié. De plus, je porte beaucoup d’intérêt à ces enjeux car en agissant, nous pouvons avoir sur eux un impact concret et relativement direct. Depuis quelques années j’ai ainsi pu allier mes convictions à ma carrière professionnelle et y ajouter l’aspect sociétal grâce à l’association.

 

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui souhaitent créer leur entreprise ?

 

Foncez même si il y a énormément de difficultés !

Le « problème » du développement durable est qu’il concerne des projets très transversaux. Ces aspects se voient d’autant plus pour une association comme la notre qui mêle le sociétal, l’écologie et l’économie. La principale difficulté est de trouver des partenaires qui ont cette vision complexe, pluridisciplinaire et transversale. En effet, pour les collectivités par exemple, les services ou directions sont organisés par thématique. Ainsi, malgré l’intérêt qu’ils à l’association, tout le monde se renvoyait la balle car ils ne savaient pas quelle case nous ranger. Je pense que cette problématique évolue mais ce n’est pas encore simple car les personnes n’ont pas l’habitude communiquer entre les services…

De plus, aujourd’hui, les restrictions budgétaires nous obligent à faire mieux avec moins.

 

 

Quel est votre parcours professionnel?

 

J’ai commencé ce projet à 21ans, dans le cadre de mes études. Mon engagement politique et citoyen date d’avant mais c’est à cet âge là que j’ai vraiment eu la volonté de partir vers les questions environnementales. J’ai une double formation de maîtrise sciences de l’éducation et une maîtrise de gestion de projets. C’est le sujet de mon mémoire sur le dialogue interculturel, qui m’a amené à partir au Sénégal et commencer à monter ce projet.

Le travail avec les jeunes, a débuté en 2004, dans le cadre de mes études dans les sciences de l’éducation. J’ai créé l’association Transitions aux Savoirs qui menait des projets dans des foyers de jeunes. Cette association a été le moteur du travail que j’effectue aujourd’hui avec les jeunes.

Tout ce qui touche aux constructions écologiques n’a aucun rapport avec mes études, c’est un intérêt qui est venu au fil du temps et pour lequel j’ai suivi d’autres formations sur le tas. Aujourd’hui c’est un milieu qui se développe, mais il n’y a pas encore assez de formations.

 

Qu’est ce que My Positive Impact vous a apporteé à ce stade?

 

My Positive Impact nous a surtout permis un relai local et territorial. Nous-mêmes étions étonnés du nombre de vote ! Grâce aux réseaux sociaux, à notre emailing ou aux relais de nos partenaires, de nombreuses personnes ont découvert qui nous étions et ceux qui nous connaissaient déjà un peu s’y sont intéressés de plus près ce qui nous a permis, de manière concrète, d’avoir de nouveaux adhérents. Cette campagne a vraiment été un très bon support de communication pour nous.

Nous avons surtout été, en parallèle, repéré par le Ministère de l’écologie grâce à My Positive Impact et à la Direction régionale de l’écologie. C’est vraiment le gros plus de cette campagne pour nous. Nous en sommes pour le moment au 1er stade, nous avons reçu une petite subvention qui nous permet dors et déjà de passer au niveau du ministère.

La campagne nous a permis de nous faire connaître et reconnaître en parti grâce à la notoriété de la Fondation Nicolas Hulot. Nous continuons à utiliser notre participation à My Positive Impact dans notre argumentaire, surtout au niveau local ! La cause environnementale n’étant jamais la priorité pour nos élus, ce genre de campagne nous aide à le faire réagir sur son importance.

 

 

RÉSUMÉ:

L’association 3PA a choisi de faire l’interface entre des jeunes déscolarisés (150 000 chaque année, ce sont aussi les plus touchés par le chômage) et les nouvelles opportunités de l’économie verte (500 000 emplois verts devraient être créés d’ici 2020) en leur proposant un parcours de réinsertion. Accompagnés par des professionnels, les jeunes choisissent et surtout pratiquent une activité au choix dans le secteur de la construction bois, la rénovation écologique, le maraîchage biologique, les énergies renouvelables, etc.

Depuis 2008, 100 jeunes par an (de 16 à 25 ans) ont bénéficié de cette initiative localisée dans le Sud-Ouest mobilisant 20 entreprises (avec 70% de confirmation d’emploi), mais la mécanique de cette action est facilement duplicable dans tous les territoires.

Son rôle, tant pour l’essor des « métiers verts », que pour le développement personnel de ces jeunes redevenus acteurs de leur vie en s’impliquant dans l’émergence d’une économie post-carbone, est tout simplement fondamental. A quand des parcours similaires dans toutes les régions de France accessibles à tous les jeunes ?