solution Afrique Sahélienne proposée par Association La Voûte Nubienne

Cécilia Rinaudo, directrice générale adjointe de l'association Voûte Nubienne, témoigne :

 

La campagne My Positive Impact a été une expérience unique et très enrichissante pour faire connaître le programme de la Voûte Nubienne et ses impacts positifs sur le climat et sur les populations africaines, auprès du grand public français. L’accompagnement de professionnels de la communication, appuyés par l’équipe de la Fondation pour la Nature et l’Homme, est une opportunité incroyable à ne pas manquer !

 

My Positive Impact a mis un coup de projecteur sur cette solution technique qui permet de construire des bâtiments écologiques et durables, n’utilisant que la terre, matériau disponible en grande quantité, et sur le programme de diffusion par le marché de l’association qui la porte.

 

Nous avons pu bénéficier d’outils de communication de grande qualité réalisés par l’agence Havas, qui a eu l’idée d’un slogan fort et percutant « Pas de bois, pas de fer, si on construit, c’est en terre », que nous continuons à utiliser dans notre communication. Grâce à la campagne de communication qui a accompagné ce message et à sa couverture médiatique, nous avons reçu le soutien d’un certain nombre acteurs privés et publics, intéressés pour nous accompagner dans le changement d’échelle de notre programme. Cela nous a également renforcé dans le plaidoyer que nous menons depuis quelques années pour une meilleure prise en considération des questions d’habitat et des thématiques transversales qui les accompagnent (adaptation et atténuation au changement climatiques, emplois verts, renforcement des économies locales, « archiculture », etc.). Nous avons ainsi pu valoriser cette distinction au cours de la COP21 auprès des Etats africains et des organisations internationales présentes, pour permettre l’intégration de cette solution dans les politiques nationales des pays dans lesquels nous intervenons et dans les orientations stratégiques en faveur du climat.

 

Concrètement, le principal changement opéré depuis 2015, la COP21 et le prix My Positive Impact a été l’intégration institutionnelle de la solution Voûte Nubienne et du concept d’habitat adapté, en France et dans les pays du Sahel où nous agissons. Les porteurs de politiques publiques et d’initiatives de développement conçoivent aujourd’hui, plus qu’il y a quelques années, l’importance d’intégrer l’habitat dans les stratégies de développement durable : les questions des matériaux, de l’efficacité énergétique des bâtiments, de la résilience face aux changements climatiques et de l’exploitation des ressources disponibles affectent directement nombre de secteurs d’activité. Les contributions prévues du Sénégal et du Burkina Faso sont devenues contributions effectives, et proposent la technique Voûte Nubienne comme solution d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Au Mali, le Cadre Stratégique pour la Relance Économique et le Développement Durable promeut également cette solution sans bois ni tôle pour un développement endogène.

 

De même, à l’échelle internationale, la prise en compte des questions d’habitat adapté – et de la Voûte Nubienne – s’accélère. Nous avons participé lors de la COP21 au lancement de la Global Alliance for Building and Construction, qui porte désormais ce message à l’échelle mondiale. Le Fonds pour l’Environnement Mondial a validé le financement d’un projet, construit en partenariat avec le Ministère de l’Environnement du Sénégal, qui opère la liaison entre habitat et gestion durable des terres.

 

RÉSUMÉ:

En Afrique sahélienne, dans un contexte de pression hydrique et de déforestation et où la moitié de la population n’a pas accès à un habitat décent, l’association la Voûte Nubienne a mis au point une technique de construction de maisons durables et confortables utilisant principalement de la terre. Son empreinte énergétique est réduite en raison de la faible utilisation de matériaux importés (tôle, ciment, acier), et elle pallie au manque de ressources ligneuses en n’utilisant ni paille, ni bois. L’association déploie aussi l’usage de cette technique dans les secteurs agricoles (sites de stockage), médical (dispensaires..) ou de l’éducation (écoles) et son appropriation par des acteurs locaux, notamment des groupes d’agriculteurs.

Une palette d’outils complémentaires a été mise en place pour faciliter son implantation (micro-crédit habitat, formations professionnelles, formule en logement social, …). Résultat, une croissance de marché de 30% annuels.

Peu coûteuse (environ 30 à 50% moins cher qu’une construction classique), la technique permet en outre des économies sur les coûts de climatisation ce qui réduit d’autant les émissions de gaz à effet de serre.