Pourquoi agir pour le climat ?

Lors de la COP21, tenue en décembre 2015 à Paris, les 195 pays membres de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques se sont fixés l’objectif de limiter le réchauffement planétaire bien en deçà de 2°C par rapport à la période préindustrielle. Ils se...

QU’EST-CE QUE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE ?

Le climat ce n’est pas la météo !

Le climat désigne les conditions moyennes de températures, de vent, de précipitations ou d’humidité sur un large territoire, calculées sur plusieurs dizaines d’années. Le climat planétaire recouvre divers climats régionaux : si la température moyenne à la surface du globe est aujourd’hui d’environ 15°C en moyenne, la situation sous les Tropiques est différente du pôle Nord !

Quant à la météo, elle désigne les conditions atmosphériques présentes ou des prochains jours sur une zone délimitée.

Au cours de l’histoire de la Terre, le climat a régulièrement changé pour des raisons naturelles.

Depuis la naissance de la Terre il y a 4,6 milliards d’années, le climat n’a cessé de changer. Notre planète a connu un climat beaucoup plus chaud qu’aujourd’hui entrecoupé de sept grandes ères glaciaires de plusieurs millions d’années. Lors du dernier maximum glaciaire (il y a environ 20 000 ans), la température était inférieure de 5 à 6°C à celle de maintenant.

Les conséquences locales d’une telle différence de température étaient énormes. La banquise descendait jusqu’à Amsterdam et le sol français était gelé en permanence. Le niveau de la mer était plus bas de 120 mètres : nos ancêtres pouvaient aller à pied sec de France en Angleterre.

Le climat s’est ensuite progressivement réchauffé pour atteindre il y a 10 000 ans des valeurs comparables à celles que nous connaissons. C’est à partir de ce moment que l’homme a commencé à se sédentariser en devenant agriculteur, éleveur et artisan.

Quelles sont les manifestations du réchauffement climatique en cours ?

Depuis le début de la révolution industrielle, le climat planétaire se réchauffe. Ce point ne fait aujourd’hui plus débat tant les preuves physiques abondent. Le 5ème rapport du GIEC paru en 2014 met ainsi en évidence une hausse de la température moyenne à la surface de la planète de 0,85°C ; une élévation du niveau moyen des océans de 19 cm ; la fonte des glaciers continentaux, des calottes glaciaires aux pôles et de la banquise arctique ; une augmentation de la fréquence des vagues de chaleur en Europe, en Asie, ou encore en Australie… Aujourd’hui, l’augmentation a déjà des conséquences sur les sociétés humaines. Ainsi, par exemple, la disponibilité des ressources en eau potable en Europe, en Afrique ou en Amérique du Sud. Ou encore, la baisse de rendement de la plupart des cultures.

Ces impacts déjà constatés augmenteront au cours du XXIème siècle. D’autres perturbations s’y ajouteront. D’ici 2100, le niveau des océans pourrait encore augmenter de 82 cm. Cela toucherait directement près d’une personne sur 10 dans le monde. Autre préoccupation, l’extension des zones propices à la propagation de maladies portées par un insecte. Les moustiques sont par exemple vecteurs de la dengue, de la fièvre jaune, de la fièvre de la vallée du Rift ou du paludisme. Enfin, les conséquences directes des changements climatiques sur les activités économiques seront également nombreuses.

Si le climat a déjà changé dans le passé, pourquoi le dérèglement en cours pose-t-il problème?

  • Parce que les causes de ce réchauffement ne sont pas naturelles. L’effet de serre est un phénomène naturel qui rend possible notre vie sur Terre : sans lui, la température moyenne à la surface du globe ne serait pas de 15°C mais de -18°C ! Les gaz à effet de serre (dont le CO2 et le méthane), responsables du phénomène, sont présents à l’état naturel dans l’atmosphère. Mais, depuis la fin du XIXème siècle, les activités humaines ont provoqué une hausse de leur concentration avec pour conséquence un accroissement de l’effet de serre et donc de la température moyenne de notre planète.
  • Parce qu’il est très rapide.Le passage du dernier maximum glaciaire au climat actuel a duré environ 10 000 ans. Le réchauffement en cours a commencé il y a moins de deux siècles et ne cesse de s’accélérer. La température moyenne a, ainsi, déjà augmenté de plus de 1°C, dont 0,5°C sur la seule période 1979-2010. Or, plus un changement est rapide, plus il est difficile pour les êtres vivants de s’y adapter.
  • Parce que nous sommes beaucoup plus nombreux qu’avant.Les humains sont près de 7 milliards aujourd’hui contre quelques millions il y a 10 000 ans. Nous sommes donc beaucoup plus vulnérables à des changements de notre environnement. Or, les conséquences du changement climatique impacteront lourdement nos modes de vie, à commencer par nos moyens de subsistance (agriculture, disponibilité d’eau douce par exemple).

Pour lutter contre le dérèglement climatique, il faut mener conjointement des politiques d’atténuation du phénomène et des politiques d’adaptation aux impacts du changement climatique.

L’ATTÉNUATION : RÉDUIRE LES ÉMISSIONS HUMAINES DE GAZ À EFFET DE SERRE (GES)

En 2015, lors de la conférence internationale de Paris, la COP21, les pays du monde entier ont adopté l’objectif de limiter à bien moins de 2°C, et si possible 1,5°C, la hausse des températures par rapport à la période préindustrielle. Au-delà de 1,5°C, les conditions de vie d’une grande partie de la population mondiale sont menacées, et au-delà de 2°C, les scientifiques n’excluent pas un effet d’emballement et des impacts irréversibles et imprévisibles actuellement.

Pour y parvenir, il faudra atteindre la neutralité climatique le plus tôt possible au cours de la 2e moitié du XXIème siècle, c’est-à-dire ne pas émettre plus de gaz à effet de serre que ce que la planète est capable d’en absorber naturellement. Concrètement, cela signifie laisser 80% des réserves connues d’énergies fossiles dans les sous-sols, et abandonner ces énergies sales d’ici 2050. C’est un défi de taille car jusqu’à présent, nos émissions n’ont cessé de croître. Si nous continuons sur les mêmes trajectoires d’émissions, le réchauffement pourrait atteindre de 3°C à 5,5°C de plus que la période pré-industrielle.

Cela nécessite d’agir sur toutes les activités humaines puisque les gaz à effet de serre sont émis par la production d’énergie, de déchets, par l’agriculture, le transport, l’habitat, et l’industrie.

S’agissant d’un phénomène global, l’effort de toutes et tous est nécessaire. Les Etats doivent prendre des engagements de réduction des émissions sur leur territoire mais les collectivités territoriales, les entreprises, les citoyens ont aussi un rôle à jouer. Répartir équitablement l’effort est également indispensable. La responsabilité historique n’est pas la même selon les régions du monde. Les émissions de chaque habitant sont très différentes en Afrique, en Amérique du Nord, en Europe ou en Chine.

Enfin, ce changement de modèle n’est pas seulement une nécessité, c’est aussi une opportunité. Le développement de politiques climatiques ambitieuses contribuera à atteindre également d’autres objectifs touchant, par exemple, à l’amélioration de la santé, de la sécurité alimentaire, de la qualité de vie, de l’accès à l’énergie en particulier dans les pays les plus pauvres.

S’ADAPTER AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

L’ampleur des modifications à venir dépend des décisions que nous prendrons dans les prochaines années pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais une chose est sûre : le processus a commencé, la Terre se réchauffe, les impacts sont déjà bien réels et vont s’accentuer. Du fait de l’inertie du système climatique, même si nous arrêtions aujourd’hui d’émettre des gaz à effet de serre, il faudrait plusieurs dizaines d’années avant que la température ne se stabilise et quelques centaines d’années avant que le niveau des océans cesse de monter.

Le développement des stratégies d’adaptation est donc absolument nécessaire. Il s’agit de politiques individuelles ou collectives visant à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains contre les effets réels ou attendus des changements climatiques. Elles dépendent très largement de la région et du contexte. La France, par exemple, a adopté un plan national d’adaptation au réchauffement climatique pour la période 2011 – 2015 qui comprend des actions dans des domaines aussi variés que les ressources en eau, l’agriculture, le littoral, l’éducation, le tourisme ou encore les assurances. Beaucoup d’actions restent à mener pour améliorer la résilience des sociétés humaines, en France et surtout dans les pays en développement, face au changement climatique.

DES RESSOURCES SUR LE CLIMAT

La référence en matière de climat : le GIEC

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE). Tous les pays de l’Onu en sont membres.

Le GIEC n’est pas un organisme de recherche. Il a pour mission d’évaluer et de faire la synthèse des travaux publiés par des milliers de chercheurs sur le climat, son évolution, ses impacts et les actions que peuvent entreprendre les hommes pour les réduire et s’y adapter. Il produit environ tous les 5 ans un rapport en trois volets :

  1. Les éléments scientifiques sur le réchauffement climatique (constats et prévisions).
  2. Analyse des impacts, des politiques d’adaptation et de la vulnérabilité des systèmes humains et naturels.
  3. Les mesures à prendre pour limiter le réchauffement climatique.

Il y a un processus d’aller-retour très codifié entre les rédacteurs du GIEC et la communauté scientifique internationale. Les rapports du GIEC sont synthétisés dans un “résumé pour décideur” qui est approuvé ligne à ligne par l’Assemblée générale du GIEC. A ce jour, tous les résumés pour décideurs ont été adoptés à l’unanimité par les pays membres.

Chacun des 5 rapports parus à ce jour a permis d’accroître le degré de certitude sur la responsabilité humaine et les connaissances sur l’impact dévastateur du réchauffement sur les sociétés humaines.

Que répondre aux climato sceptiques ?

La responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique est contesté par ceux qu’on appelle les « climato-sceptiques ».

Retrouvez toutes les réponses à leurs arguments

Des éléments sur les impacts du réchauffement climatique